Un prêt immobilier sur 25 ans ne produit pas le même coût final selon que le bien financé est neuf ou ancien. Le taux facial affiché par la banque ne représente qu’une partie de l’équation. Frais de notaire, accès au PTZ, possibilité de différé d’amortissement et coût de l’assurance emprunteur modifient l’addition de façon parfois plus décisive que l’écart de taux lui-même. Cet article mesure ces différences poste par poste, sur la base des données disponibles en 2026.
Taux crédit 25 ans : l’écart entre neuf et ancien en mai 2026
D’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA relayé par Les Clés de la Banque, le taux moyen à 25 ans s’établit en mai 2026 à 3,16 % dans le neuf contre 3,25 % dans l’ancien. L’écart paraît modeste, mais sur un capital emprunté élevé et une durée longue, quelques centièmes de point se traduisent par plusieurs milliers d’euros d’intérêts supplémentaires.
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| Indicateur | Immobilier neuf | Immobilier ancien |
|---|---|---|
| Taux moyen 25 ans (mai 2026) | 3,16 % | 3,25 % |
| Frais de notaire | 2 à 3 % du prix | 7 à 8 % du prix |
| PTZ 2026 (tout le territoire) | Éligible | Conditions restreintes |
| Durée maximale autorisée | Jusqu’à 27 ans (VEFA avec différé) | 25 ans |
Ce tableau résume les postes qui séparent les deux montages. Le taux nominal n’est que la première ligne : les suivantes pèsent souvent plus lourd dans le coût total du crédit.

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Coût total du crédit sur 25 ans : pourquoi le taux facial ne suffit pas
Comparer deux offres de prêt en regardant uniquement le taux nominal revient à comparer deux voitures sur leur seul prix catalogue, sans tenir compte du carburant ni de l’entretien. Le coût total d’un financement immobilier sur 25 ans dépend de plusieurs postes cumulés.
Frais de notaire : le premier levier d’écart
Dans le neuf, les frais de notaire représentent 2 à 3 % du prix du bien. Dans l’ancien, ils grimpent à 7 à 8 %. Sur un achat de même valeur, l’écart de frais de notaire entre neuf et ancien atteint plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cette somme, souvent financée par l’apport personnel, réduit d’autant le capital disponible pour le projet dans l’ancien.
Pour un emprunteur qui intègre une partie de ces frais dans son prêt, le capital emprunté augmente, et avec lui le montant total des intérêts sur 25 ans.
PTZ 2026 : un avantage réservé au neuf sur tout le territoire
La réforme du prêt à taux zéro en 2026 étend son périmètre à l’ensemble du territoire pour les logements neufs. L’ancien n’en bénéficie pas dans les mêmes conditions. Un PTZ qui finance une fraction du projet à 0 % d’intérêt réduit mécaniquement le coût global du montage, parfois de façon plus significative que la négociation du taux principal.
Concrètement, un primo-accédant qui achète un logement neuf peut combiner un prêt classique sur 25 ans à 3,16 % et un PTZ sans intérêts sur une partie du montant. Le coût total pondéré de son financement devient nettement inférieur à celui d’un emprunteur dans l’ancien, même si ce dernier décrochait un taux nominal identique.
Assurance emprunteur et durée effective
L’assurance de prêt se calcule sur le capital restant dû ou sur le capital initial, selon les contrats. Plus la durée est longue, plus le poids de l’assurance augmente. Sur 25 ans, ce poste peut représenter une part non négligeable du coût total du crédit.
Les banques proposent parfois des conditions d’assurance légèrement différentes selon le type de bien, mais le facteur déterminant reste le profil de l’emprunteur (âge, santé, profession). La délégation d’assurance permet de réduire ce coût, quel que soit le type de bien financé.
Durée de prêt à 27 ans en VEFA : la dérogation que peu d’emprunteurs connaissent
La règle du Haut Conseil de Stabilité Financière fixe la durée maximale d’un crédit immobilier à 25 ans. Il existe une dérogation pour les achats en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) et les projets impliquant des rénovations lourdes : la durée peut atteindre 27 ans grâce à un différé d’amortissement.
Ce différé correspond à la période entre le déblocage progressif des fonds et la livraison du logement. Pendant cette phase, l’emprunteur ne rembourse que les intérêts intercalaires, pas le capital. La durée totale de remboursement effectif reste bien de 25 ans, mais le contrat court sur 27 ans au total.
Pour un achat dans l’ancien, cette dérogation n’existe pas, sauf cas de rénovation très lourde assimilée à de la construction. La durée reste plafonnée à 25 ans ferme, ce qui réduit la marge de manœuvre sur les mensualités.

Profil emprunteur et négociation du taux sur 25 ans : neuf et ancien au même guichet
Le type de bien (neuf ou ancien) influence le taux proposé par la banque, mais le profil de l’emprunteur reste le facteur principal. Voici les critères qui pèsent le plus dans la négociation :
- Le taux d’endettement, plafonné à 35 % des revenus nets (assurance incluse), détermine le montant maximal empruntable sur 25 ans
- L’apport personnel, qui couvre au minimum les frais de notaire dans la plupart des dossiers acceptés, rassure la banque sur la capacité d’épargne
- La stabilité professionnelle (CDI, ancienneté, fonction publique) et la gestion bancaire (pas de découverts récurrents) conditionnent l’accès aux meilleurs taux
- La domiciliation des revenus et la souscription de produits annexes (assurance habitation, épargne) servent de levier de négociation
Un emprunteur avec un excellent dossier obtiendra un taux proche du plancher, que le bien soit neuf ou ancien. L’écart de taux entre neuf et ancien profite surtout aux profils moyens, pour lesquels la banque ajuste sa marge en fonction du risque perçu et de la qualité du bien en garantie.
Quel montage donne le coût total le plus bas sur 25 ans
Pour trancher entre neuf et ancien sur un crédit de 25 ans, la comparaison doit intégrer chaque poste de dépense :
- Le taux nominal (légèrement favorable au neuf en 2026)
- Les frais de notaire (nettement plus bas dans le neuf)
- L’éligibilité au PTZ (étendue à tout le territoire pour le neuf)
- La possibilité d’un différé à 27 ans en VEFA (inexistante dans l’ancien standard)
- Le coût de l’assurance emprunteur (variable selon le profil, peu lié au type de bien)
Sur le papier, le neuf cumule un taux légèrement inférieur, des frais de notaire réduits et l’accès au PTZ. L’ancien conserve l’avantage du prix au mètre carré souvent plus bas et de l’emplacement dans des quartiers déjà établis, mais son coût de financement global sur 25 ans reste structurellement plus élevé à montant emprunté équivalent.
Un acheteur dans l’ancien peut compenser partiellement cet écart en négociant le prix d’achat, en déléguant son assurance emprunteur ou en réduisant la durée à 20 ans si ses revenus le permettent. Le choix final dépend autant du projet de vie que du tableur de simulation, mais les données de 2026 orientent clairement l’avantage financier du côté du neuf pour un prêt sur 25 ans.

