Les rouages de la santé collective ne tiennent pas toujours à des lois ou à des promesses politiques. Parfois, tout se joue dans une facture, glissée dans une enveloppe ou envoyée par mail, entre un patient, un médecin et une caisse maladie. Le tiers payant, ce fameux système, structure nos habitudes à l’hôpital, chez le généraliste, jusque dans le portefeuille.
Les frontières administratives européennes se sont resserrées, mais la gestion des soins n’a rien perdu de sa complexité. Si le télétravail s’est imposé un temps, un nombre croissant de salariés regagnent désormais leur poste derrière l’écran du bureau. La crise sanitaire a chamboulé plus que nos agendas : elle a mis à nu les faiblesses d’un système qui, sur le papier, semblait tenir la route. Le dispositif du tiers garant, en particulier, n’a pas fait preuve de la réactivité espérée face à la tempête.
Qu’est-ce que le tiers garant ?
Le tiers garant fonctionne à rebours du tiers payant. Chaque régime d’assurance maladie opte pour l’un ou l’autre, ce qui influe sur les tarifs proposés. Parmi les caisses qui appliquent le tiers garant, on retrouve Supra, Assura, Sanagate, Sanitas Compact One ou encore Intras.
Dans ce modèle, le patient avance les frais : consultation médicale, médicaments prescrits… Il règle la note, puis transmet la facture à sa caisse d’assurance, qui procède au remboursement après vérification. Rien n’est automatique. À l’inverse, avec le tiers payant, l’assuré n’a rien à débourser sur le moment. La facture part directement du professionnel de santé vers l’assureur.
Longtemps, le tiers garant a séduit pour une raison simple : faire baisser la facture mensuelle en réduisant les primes d’assurance maladie. Mais cette équation est de moins en moins rentable aujourd’hui.
Quels sont les inconvénients du tiers garant ?
Choisir le tiers garant, c’est accepter de gérer soi-même toute la chaîne du remboursement. Recevoir la facture, la régler, puis la poster ou scanner pour l’envoyer à la caisse. Ajoutez à cela la nécessité de vérifier le suivi du remboursement… et la tâche devient vite chronophage, sans compter le risque bien réel de voir disparaître une facture au fond d’un tiroir.
La crise du Coronavirus a amplifié ces difficultés. Les familles se retrouvent parfois dans des situations intenables : avec le tiers garant, il faut parfois patienter jusqu’à trois mois pour récupérer son argent. Un délai qui pèse lourd quand il s’agit de frais d’hospitalisation ou de traitements coûteux. Qui pourrait supporter une telle avance durant un trimestre entier, surtout dans les périodes où chaque dépense compte ?
Heureusement, certains assureurs ont su réagir. Face à l’urgence, certains fonds maladie ont raccourci les délais de remboursement à cinq jours seulement. Une performance qui a soulagé de nombreux assurés, évitant à certains de basculer dans la précarité financière.
Mais la donne a changé : si le tiers garant permettait de réduire ses primes il y a quelques années, ce n’est plus vraiment le cas. Les assurances maladie rivalisent aujourd’hui sur le terrain du tiers payant, avec des offres compétitives qui s’alignent sur le quotidien des familles suisses.
Quelle alternative au système de garants tiers ?
Remettre en question le tiers garant, c’est se tourner vers le tiers payant. Concrètement, cela signifie laisser le professionnel de santé gérer directement le paiement avec l’assurance maladie. L’assuré n’a plus à avancer la somme, ni à courir après les remboursements.
Mais attention : le tiers payant ne fait pas disparaître la franchise ni la quote-part, toujours à la charge du patient en Suisse. Avant de vous décider, il peut être judicieux de comparer les primes proposées par les différentes caisses maladie. La recherche du contrat le plus adapté passe par une analyse fine, pas par un choix par défaut.
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En matière de santé, la rapidité des remboursements et la simplicité administrative ne relèvent plus du confort, mais d’une forme de sécurité. Face à l’imprévu, choisir son système de paiement, c’est aussi se donner les moyens de rester maître du jeu, même quand les cartes semblent rebattues du jour au lendemain.

