Éviter de payer deux loyers lors d’un déménagement

Rester coincé entre deux loyers, voilà un scénario que personne n’envisage avec légèreté. Pourtant, nombreux sont ceux qui, faute d’avoir pu vider leur ancien logement à temps, pandémie oblige,, se retrouvent à payer double. Comment sortir de cette impasse et éviter la facture qui s’alourdit ?

Remettre les clés à son ancien propriétaire : une étape à ne pas négliger

D’arrêter l’hémorragie financière passe d’abord par ce simple geste : restituer les clés. Tant que cette formalité n’a pas été effectuée, le bailleur reste en droit d’exiger chaque mois une somme, sous forme de loyer ou d’indemnité d’occupation. La règle est nette. Louis du Merle, responsable juridique à l’Agence Nationale d’Information sur le Logement (Anil), le martèle : remettre les clés, c’est un acte juridique qui marque officiellement la fin des obligations du locataire envers l’ancien logement.

Différentes méthodes peuvent servir à restituer les clés dans les règles :

  • En main propre, que ce soit au propriétaire ou à son représentant ;
  • Via un acte d’huissier, solution formelle s’il faut prouver la restitution ;
  • Par courrier recommandé avec accusé de réception, afin de disposer d’une preuve datée.

Mieux vaut opter pour le mode de remise qui colle à la situation, quitte à prendre conseil. Une démarche bâclée, et la suite peut virer au casse-tête administratif.

Tenter la négociation avec l’ancien bailleur

Ouvrir la discussion, parfois, règle bien des blocages. Les spécialistes de l’immobilier recommandent aux locataires de contacter leur ancien propriétaire ou l’agence pour expliquer la situation. Rédiger une lettre détaillant les circonstances exceptionnelles qui retardent le déménagement peut peser dans la balance. Demander expressément à ce qu’aucun loyer supplémentaire ne soit exigé ou à être remboursé si l’accès au logement était impossible, tout doit être écrit noir sur blanc.

Pour que cette démarche soit prise au sérieux, le courrier doit s’envoyer en recommandé avec accusé de réception. Il faut expliquer précisément l’impossibilité de déménager, qu’il s’agisse d’une situation sanitaire ou d’un événement exceptionnel. Même si le contexte de force majeure reste apprécié au cas par cas, mieux vaut présenter des arguments solides et bien documentés.

Organiser le déménagement dans des conditions particulières

Quand les alternatives manquent et que les cartons s’accumulent, déménager reste possible à condition de montrer que la situation est réellement hors-norme. Dans ce contexte, le locataire doit prouver la nécessité de son déplacement aux autorités en cas de contrôle.

Louis du Merle invite d’ailleurs à solliciter l’Agence départementale d’information sur le logement (Adil) pour obtenir un accompagnement sur mesure. Rencontrer un juriste local aide à évaluer l’urgence et à envisager la demande de concours à la police lorsque la situation l’impose.

Dans certains cas bien précis, des locataires ont pu organiser leur départ en accord avec la police pour récupérer des effets personnels de première nécessité ou libérer les lieux sur instructions d’un juge. Ces situations restent atypiques mais posent clairement le cadre pour les situations extrêmes.

Restituer les clés dans les règles, ouvrir le dialogue ou faire appel à un accompagnement : ces trois voies permettent de ne pas subir le prix fort qu’impose un double loyer. Se laisser déborder, c’est risquer de voir s’accumuler facture sur facture sans perspective de sortie. Chaque décision est une prise, chaque étape compte comme dans un vrai parcours d’équilibriste. Naviguer dans cette zone grise demande prudence et réactivité, car s’extirper du piège des loyers superposés n’est jamais une affaire à moitié menée.

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